Photographe

Christian Vandormäel

 

Mes attentes de  cette photographie alternative.

Depuis environ 200 ans, la photographie, est pratiquée par des millions de gens de cultures différentes, avec des démarches distinctes, et une infinité de buts.​

La photographie peut être comparée à la préparation de la nourriture, laquelle correspond à une qualité, un style, et une valeur des plaisirs alimentaires qui vont de la cuisine des grands chefs étoilés à la cuisine utilitaire (surgelés) ou de type fast food, plus ou moins assimilée, plus ou moins rapide.

A notre époque, ces procédés ont-ils une réelle « raison d’exister » ?

Que peut attendre le praticien dans un procédé alternatif, en travaillant cette méthode, pure et fiable ?

Ne sont-ils pas simplement la nostalgie d’une époque désuète, face aux exigences du travail ou sont-ils motivés par des raisons journalistiques et commerciales.

Alors, pourquoi tous ces procédés, pourquoi ne pas contourner les difficultés, et s’en tenir au tirage argentique traditionnel.

​​Parce que ce ne sont pas des raisons suffisantes, car chaque image a une puissance picturale propre à évoquer une émotion spécifique car les procédés alternatifs ne sont pas interchangeables. N‘oublions pas qu’un même tirage réalisé au platine-palladium (par exemple) ou exécuté en gomme bichromatée perdrait toute sa force. Chaque procédé est unique, aussi bien dans son rendu que dans sa tonalité.

Ma démarche.

Pourquoi ne pas contourner les difficultés, pour s’en tenir au tirage numérique ou argentique. et persister à utiliser les procédés photographiques anciens ?

Certes, pas par passéisme puisqu’ils s’inscrivent, pour ce qui me concerne, dans la démarche contemporaine d’un espace pictural ancré sur le présent. Et puis, certainement pas pour refaire ce qui a déjà été réalisé et bien réalisé.

Je pense que c’est l’une des rares possibilités de parler face à  cette rapidité dans laquelle nous fonctionnons en permanence par rapport à cette avalanche monstrueuse d’images à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés avec le numérique. Le nombre de clichés qui sont produits sur la planète en une journée est incroyable…  Je suis à contre-pied de cela.

Cette notion du décalage est aussi primordiale au travers des sujets que j’ai choisis, souvent dans le monde végétal, et à la manière dont je les traite.

L’étendage à la main (Hand Coated Methods) où le savoir faire est important, est le véritable tremplin à la créativité de cette photographie appelée aujourd’hui « alternative ». Chaque images a une puissance picturale propre car les procédés H.C.M. ne sont pas interchangeables. Un même tirage réalisé au platine-palladium ( par exemple ) exécuté en gomme bichromatée perdrait toute sa force.  Chaque procédé est unique, aussi bien dans son rendu que dans sa tonalité.

Chaque procédé est unique, aussi bien dans son rendu que dans sa tonalité.

La complémentarité du numérique et de l’argentique.

A l’heure du tout numérique, on peut se poser la question de l’intérêt de continuer à travailler avec ces procédés.

Développer ses pellicules et faire ses tirages, cela demande du temps, il faut également pouvoir disposer d’un local bien aménagé où prend place l’agrandisseur.

J’ai trouvé cette citation du photographe de presse Marc CHAUMEIL, qui s’est mis au numérique mais n’est pas décidé à s’affranchir de l’argentique :

… « Le numérique est génial pour le travail sur les images. Associé à l’argentique, c’est un mélange parfait. Mais la photo telle que je la pratique avec mon fidèle Leica, et dont le déclin semble inéluctable, reste de l’ordre du sensuel, de l’ergonomie humaine. Avec l’argentique, l’image est tout de suite fixée sur son véritable support. Le négatif est un original pur, un dépositaire unique alors que l’image numérique n’est qu’une suite de 0 et de 1 et se balade d’écran en écran, se dissémine sans plus de copie et d’original, de premier tirage. Le numérique a un côté glacé, froid, métallique, c’est une image lisse, polie, avec un autre mode de relation à la reproduction. C’est le règne de l’immatériel, qui change nos méthodes de travail. L’outil entraîne une autre façon de percevoir la photo mais cette nouvelle relation à l’image est tout aussi belle, forte, la couleur de l’époque change avec la technique et c’est très bien ainsi. … »